LE FABRICAUTEUR Ici habite un marchand d'histoires entre images et mots0681571560
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Un coin de carnet

 

Elle est passée
Nuage fin
Elle a volé
D’œil en regards
Serré des gorges,
piqué les yeux
Laissant dans l’air des odeurs vives. 

Rugueuse aux mains si douces
Hurlante silencieuse de proverbes passés
Petits coins de la terre rassemblés sur sa peau
Paysages merveilles, symphonies incarnées.

Je reste juste assis
Avec les mots du monde
Rivés dans mes épaules
Racontant des histoires
Aux taupes installées
Sur un coussin terreux
Au rebord de leur trou.

Un matin de septembre
Au coin de la rue Blanche
Je sentirai d’abord son parfum me piquer.

Mes yeux bien inutiles
Serviront à nouveau
A graver des mémoires
A prendre à plein poumons
Des goulées de sourires
De couleurs fines et tièdes,
Des cheveux roudoudoux.

Dans ces pays fréquents elle passe tout le temps, du matin à la nuit, partout où ça fait du bien si tu appuies. En dehors de rêves, domaines bien clos où je ne vends pas toujours des casseroles ou des chats qui parlent, il y a ces terres immenses, étendues intermédiaires où s’invitent ceux qui le souhaitent. Certains notent assis au bord des routes quelques odeurs et couleurs étonnantes. D’autres gravent sur des pierres en pleine campagne des proverbes usés par les incertitudes. Certains vont jusqu’à tisser des sculptures de bois et de brindilles que le vent va soulever et détruire dans une dislocation majestueuse : ils photographient ces étapes intimes et exposent ces désastres délicats dans les villes et les bourgs. Je rêve d’un monde de villages et de bourgs, sans grosses villes. Sans banques aussi. Je ne suis qu’un chat botté guetteur du haut de sa lucarne, visant la mer qui remonte en lissant les vases de l’estuaire.


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