LE FABRICAUTEUR Ici habite un marchand d'histoires entre images et mots0681571560
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Entre bleu mer et gris froncé

Elle a des yeux de bouteille à la mer
Entrelacés de gris et de paillettes dures
Des bleus de fond de baie
Des verts de matins fièvre…

Tu pourras regarder si le vent s’est levé
Et si les sorts jetés s’émoustillent dans l’air.
Elle te plantera sur le bois d’une porte
D’un regard ou d’un geste, d’un silence bavard,
D’une ruade fine entre le pas de danse et la gifle qui vole.
Et tu restes tremblant ou tu souris encore
Amusé et séduit par ses lèvres pincées
Par son coup d’œil qui trace d’innommables barrières
En espérant au fond que tu sais les franchir…

La douleur est profonde installée à demeure
Sous tes ongles usés la pierre est bien solide.
Alors tu recommences, un mot après un autre,
Tu écartes les lames de volets bien soudés
Par le temps et l’effroi, et la tendresse absente.
Elle te pincera, mordra tes mains tendues,
Tentera de coincer tes mots et tes regards
Dans des écrans de rage, des sourires enfuis,
Des lassitudes en boucle qui l’enchaînent à quai.
Le temps seul vérifie la tenue des amarres.

Si dans dix océans tes nœuds sont restés souples
Elle ouvrira un peu ses mains serrées au sang
Scellées sur des passés que la douleur enterre
Sans plaisir au canon pour battre la campagne.

Elle a des yeux bouteille et un regard de mer
Posé sur des lointains qu’elle gagnera seule
T’y invitant parfois si tu connais les mots
Entortillés ou drôles et luisant dans ses nuits…

5 réponses à Entre bleu mer et gris froncé

  1. Anonymous says:

    Où bien…
    Il s’amuse de sa naïveté à peine dissimulée. De ses phrases dures il rie au dedans de ses larmes contenues; autour trop de monde pour perler en ces lieux. Son visage majestueux fait sortir des mots qu’il sait poser pour lui dire ce qu’il sait. Chaque fois c’est une rencontre fait de bonheur et de chagrin. Il est là sans attendre et pourtant elle se demande ce qu’il attend. Il connait tant de choses sur les choses. Impossible alors de rivaliser, impassible compagne d’une heure, d’un instant volé a sa multiple solitude incolore et fade.

  2. Lech Valesa says:

    Il ne s’amuse pas. Et c’est lui le naïf, de penser peut-être que la vie finiot par se dérouler dans le bon sens et que les mots, les images sont une aide. Il n’y a pas de rivalité entre les mùots dits et les mots entendus, écoutés. Il y a juste l’air qui vibre, entre les gens et leurs multiples solitudes

  3. Zico de Marignane says:

    Anonyme écrit de bien belles choses sur la solitude, la sienne peut-être. Cette « ipassible compagne d’une heure d’un instant volé à sa multiple solitude incolore et fade ». C’est frustrant car ces mots on aimerait les entendre plus longtemps, au delà d’un commentaire bref! Postez nous une suite, ce serait très bien.

  4. Anonymous says:

    il n’y a rien a ajouter a la solitude. Souvent on la dissimule comme le chômage, la misère et la dépression par crainte de faire fuir les rares volatiles qui viennent se poser sur ces statues de marbres. Ils jouent la posture de la désinvolture et crient pour personne : »aidez-moi »! Il le sait, mais ce n’est ni le bon dieu, ni un saint, elle le sait. A scruter le ciel ses yeux prennent couleur de mer, ses larmes en ont le sel et son coeur léché par les tourments des vagues, sculptent a l’instar des falaises,quelques brèches et fissures incommensurables…

  5. Anonymous says:

    il n’y a rien a ajouter a la solitude. Souvent on la dissimule comme le chômage, la misère et la dépression de peur de faire fuir les rares volatiles qui viennent se poser sur ces statues de marbres. Ils jouent la posture de la désinvolture et crient pour personne : »aidez-moi »! Il le sait, mais ce n’est ni le bon dieu, ni un saint, elle le sait. A scruter le ciel ses yeux prennent couleur de mer, ses larmes en ont le sel et son coeur léché par les tourments des vagues, sculptent a l’instar des falaises,quelques brèches et fissures incommensurables.

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