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Anorexie
Comme un petit oiseau trempé, mouillé par l’orage et dont le
plumage ne sert plus à rien, elle regarde d’un air doux le vide qui l’emplit,
l’entoure et la sidère. Rien ne peut animer cet air douloureux sur ce corps
vieux d’enfant que cent douleurs entourent et tordent. Elle n’a que cette voix
fluette et lasse, traversée parfois d’indignations, ce réveil de la colère que
la fatigue éteint rapidement.
Elle est entre l’enfance et l’avenir, retenue par quelques pinces au fil fragile
qui la suspend, juste au dessus des gouffres qu’elle appelle et repousse,
sans cesse, dans un jeu de balancier qui va de la vie toute puissante
à la mort bien trop proche. Elle a tellement faim de ces
approches risquées qu’elle ne peut plus contrôler ses membres qui se dérobent
et cette douleur, partout qui la réveille et la monopolise.
Sa légèreté est un fardeau constant, une lutte contre l’apesanteur du corps,
le vent et les bourrasques, le froid et la douleur qui gagne dans les recoins,
saisit les jointures. Même les os font mal, la bouche et puis les yeux
et les regards de tous. Le silence lui-même est vrillé de vacarmes sans noms.
Little sparow, you ‘re flying with a lot of stones in your bag !

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Une réponse à Anorexie

  1. Anonymous says:

    Escalader la montagne, chaque pas si lourd! On entend son pas qui fait crisser les graviers, alourdi par les cailloux de son sac a dos. On entend son souffle court et l’oreille qui pèse chaque inspiration espérant que l’aire n’oublie pas d’entrer. On la voudrait une sucette a la fraise au bord des lèvres jouant de son corps pour flatter les garçons de son age!
    Petite soeur, on voudrait que tu puisses vomir ton mal, balancer ce sac dont tu n’as que faire par la falaise. Te voir dormir dans l’herbe fraiche et au réveil, le coeur léger repartir vers des chemins fleuris de ta beauté et de ton rire.
    la bête du gévaudan.

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