LE FABRICAUTEUR Ici habite un marchand d'histoires entre images et motsletratag86@gmail.com

échange de points de vie

Il envisageait

Et le vent qui passait tirait sur les grands arbres, mélangeant les feuillages et des cimes jalouses, petits pinceaux pointés aux regards des nuages, que chacun réservait.
Pour s’y poser un peu.
Mais l’air froid agité évitait vers la plage, la maison basse et brune masquée par des fumées qui sentent la résine et piquent un peu les yeux.
Au dessus des grands bancs la brume se repose, laissant le sable frais dix mètres en dessous, lisse comme un cul blanc piétiné avec grâce par des pattes si fines que les corps des oiseaux semblent flotter aussi, nuages blancs et gris avec un bec tout jaune.
Ecrire encore un peu, soulever la poussière des ces mots élagués qui ruissellent de sèves. Et regarder dehors, vers la dune brillante, glacée et vaporeuse avec la mer en bas. La lune presque ronde, ne semble être affichée que pour meubler un peu ce ciel noir et brillant plein d’écho de ces vagues. Leurs crêtes argentées rayent d’éclats furtifs la plaine océane. Je dors contre ta joue et la Terre poursuit ses rondes immobiles entre mille saisons.


Elle répondait

Les marchands d’avenir ont tiré leurs tentures sur des crépis ruinés de vents et de pluies battues. Je ferme juste les yeux pour y voir des couleurs et respirer tes odeurs. Ces marchands ne vendent que des parfums que j’aime, tous tirés de ta peau et des pays de ton corps, de tes moments, tes jours et tes nuits, tes chaleurs, tes sommeils. Je suis le seul client, ils s’empressent en criant avec des invites soignées qui filent vers le ciel déjà chaud de Tamanrasset. Le ciel se peuple d’oiseaux bleus qui surveillent ce marché bruyant. Comme un diable de sa boîte saute enfin un enfant brun, un sourire avec un corps, joyeux à danser, et qui se précipite sur un balafon pour taper en sautillant. Les marchands disparus, il reste juste ici, cet enfant qui me sourit et ton odeur partout. Je respire plus fort pour mieux te retrouver et je te vois posé, sur la dalle de pierre, sous un grand acacia au tronc noir et ravagé. Une chèvre naine est couchée à tes pieds et tu souris à l’ombre, que mon corps qui s’approche, étale sur le sable roux. Je sens que je suis prise et que je vais aimer ça, enchaînée sur tes navires pour n’être jamais loin, à portée de tes bras et sous mon regard doux comme ces piments orangés qui décorent les poissons que je te fais cuire dans des gangues de glaise, à la manière des Canaques.
Ta main se pose juste sur ma joue et je m’écroule avec bonheur à tes pieds. J’attends la fin du monde et je t’écoute raconter des histoires de savane et de forêts grasses où les enfants se cachent derrière d’immenses fleurs, se faisant des bateaux d’une feuille géante.

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