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LETTRE DE LA PLAGE

Nouveau, nouvelle, les grains de soi se mêlent au sable, à cette marée scintillante et serrée qui attend la vague et l’eau qui allume les reflets. Le montant s’amuse à étirer la plage, à lisser ici et là les montagnes dérisoires que des enfants ont défendu avec ardeur et rires. Je me retourne pour regarder en l’air. Le ciel est net, calme et sans traces. Un ciel que je n’aime pas, comme si cette page bleutée ne racontait rien, ne permettait pas que des formes m’agitent les rêves. Pas un oiseau, pas une vapeur, rien. le rêve continue. je suis sur le bord herbeux de la falaise du cap Gris nez. derrière moi, cent vaches se sont bien réparties le tapis vert de ce grand champ qui borde cette grande rupture. La mer en bas est ridicule, un peu ourlée de vagues paresseuses. Des milliers d’oiseaux s’affairent dans des niches suspendues à la paroi. Je ne semble compter pour personne et je décide de crier très fort, une gueulante pointue et acide, poussée u fond du ventre comme le cri des bergers basques, l’Irintzina je crois. Un bel oiseau gris à l’air sévère se pose près de moi et me dévisage. je sens qu’il est un peu dérangé par mon cri qui s’enfle d’échos infinis. Il me toise et finit par m’avouer son statut de parlementaire. je sais, des femelles couvent et ce n’est pas bon cette agitation incongrue et ces cris pour les petits à naître…je ne le ferai plus. Je ferme un instant les yeux et tout a disparu. Je suis au creux de la dune avec devant le nez une touffe agité d’oyats balancés par un vent chaud du sud. Toi, tu dors juste à côté sur une immense pièce de coton vert et bleu, avec un peu de gris… Doux doux je serais, comme une fleur de coton, avec peut-être même la voix calme et grave, quelques mots et silences, juste ce qui te faudrait, et parfois ton rire qui te secouerait, comme le vent agite un arbre.

Autre jour
Doux doux avec la pulpe des doigts et la paume des mains, le bout de la langue et les regards croisés, dans des corps à mots calmes et limpides.

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