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le liseron et la légèreté

Dans la cour d’un palais de LILLE

Petits mots qui s’entortillent, liseron précoce défiant l’hiver avec ses corolles ridicules à force d’être légères.
La légèreté est elle ridicule ? Et le ridicule léger ?
On peut inverser les propositions, les emberlificoter et se retrouver dans la posture du liseron, tournant sa liane autour de rien, d’un fil, d’une brindille, pour s’assurer de voyager encore plus haut vers la lumière. Un brin de vent fera tout chuter, le passage d’un être distrait arrachera les volutes tendres et tout sera à recommencer, en partant des ruines. Mais le liseron est pugnace et patient. Il rampe et s’aligne dans l’axe d’une branche, lançant à l’assaut sa flèche tortillarde, surprenante de discrétion et de rapidité, capable en quelques jours de devenir un entrelacs fin et soignés qui se fond dans la végétation au point d’en faire partie, invisible et protégé. Tant que les fleurs ne le trahissent pas, le liseron, avec ses feuilles fines et discrètes peut se faire oublier. Cet anarchiste ne respecte rien et va enlacer aussi bien une autre fleur qu’un pinceau resté là, une tige d’acier, un panier laissé là. Si mon stylo restait abandonné à ses caprices, sur la table du jardin, je suis certain qu’il lui ferait un brin de conduite.
Mais un stylo c’est précieux et trop sérieux pour le laisser ligoté par ce serpent joli ! Certains végétaux manquent de sérieux, singulièrement. Pourtant, avec ce nom léger qui fait penser aux filles qui gloussent ravies par une réplique d’un bellâtre, dans un film noir d’après guerre, j’attendais mieux de celui qui repousse déjà, sans attendre le signal du printemps.
Mais aussi, quelle vie !

sur la porte d’un taudis à LILLE avec cette précision d’usage parfaite…

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