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Vivre au Paradis, un film de Bourlem GUERDJOU
Les écorchures de la fierté, la pesanteur des habitudes et des rôles, la hargne presque évidente de la flicaille, les trafics sur le dos de l’innocence perdue, les rêves de planches et de tôles mal jointes que l’orage déplace. Les regards de ces enfants arrivés dans la nuit et cette femme enrobée de coton clair, avec au fond es chaussures du sable de l’Afrique, des odeurs de partout, d’un sud infini où les violences compensent les douceurs de la vie. Dans ce camp de planches, rien n’est douceur, ni les rêves d’eau courante, ni les ordres secs qu’il adresse à cette femme si forte et belle qu’on croirait un pan de montagne de Thassilie lâché dans la banlieue. Le film tourne autour de l’histoire, sans s’y soumettre, avec des incursions soignées dans les réalités sexuelles, politiques, historiques de cette immigration qui construisit la France riche des années 60. La violence est diffuse mais insoutenable. Les silences de cet homme face à son fils, les attentions et la prestance de cette femme qui arrange ses enfants pour l’école, ses refus et ses ruses, les complicités des femmes. Pas de folklore ni de freque, pas de héros mais des envies de vivre comme un prolo rêve d’être un petit bourgeois.
Entre les éléments du récit se glissent de petits arrangements avec le destin, l’amour et la mort, la filiation, l’appartenance et la joie. De ces failles surgissent émotion et honte d’être de ce pays qui traita ainsi ces esclaves maçons…

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