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Un film d’Agnés VARDA et le vent peut souffler…
« Je sors des plages d’Agnès de A.VARDA et je m’imagine avec lui, filmant, parlant comme elle.
La même lenteur dans le pas, le même humour en premier envers soi même, les photos, les idées, la narration de la vie avec toutes ses rencontres… tirer le fil électrique depuis sa maison sur 90 m dans le quartier pour filmer!!! se retrouver dans le ventre d’une baleine au bord de la mer comme dans les discours de Bachelard…; et puis ces itinéraires de villes en villes: Bruxelles (??) , Sète (j’ai retrouvé des photos que j’avais faites en particulier lors des joutes ), Paris, Los Angeles, et sa maison au portail barriolé…Pour lui ce serait (?)… Barcelone ( ou sa région?), les vacances « aux Pyrenées », les années étudiantes dans des petites chambres je ne sais trop où mais pleines de rencontres, Paris et ses parents branchés littérature, ses soeurs et frères qui font leur vies, lui qui devient vite père.
En même temps que j’écris, je ne sais si cette intrusion dans sa vie lui fera plaisir, lui qui me demandais un jour si j’étais de la police…Moi, j’ai envie de le rejoindre dans ce film qui m’a donné comme la nostalgie de son goût et j’ai l’impression que je pourrai écrire toute la soirée comme ça autour de son image, celle qui habite ma tête, finalement plus que mon corps.
Lui, mon corps, il garde trace de son passage, de sa rencontre, très fort. Je serais au bord là, de lui dire ce qu’il a ouvert en moi. Alors il me dirait de prendre des métaphores: parler évidemment de terres inconnues où il me fit débarquer, une terre où toutes les hautes herbes vous caressent le corps toujours nu et libre, une terre pour se rouler dedans, terre chaude et humide, rouge. Tenir ma peur par la main , laquelle la sienne ou la mienne? Tenir ma peur par les mots, m’enlever le bandeau qui me cachait la vie. C’est drôle ce rapport au passé… c’est le film d’Agnès qui me donne envie de dire l’itinéraire, qui peut être aussi me donne envie de lui dire simplement merci. Je m’arrête là car la magie ne marche pas, peut être parce que je n’y crois pas tout à fait, et il ne reste que son absence, là, et c’est un peu trop dur, même si ça ira. »
Belle évocation de comment un film, ce film, cent films peuvent trouver la peau, passer derrière l’armure et corroder gentiment les choses installées. Les plages, nos plages, ces étendues voraces que la mer veut lisser, que le vent débarbouille, que les hommes parcourent, jonchées de détritus, d’animaux morts et vifs. Nos plages livres ouverts, grands cahier des six heures qu’il faut vite remplir et qu’une vague lime.

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