LE FABRICAUTEUR Ici habite un marchand d'histoires entre images et mots0681571560
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l’aide à domicile s’écrit aussi


Le Fabricauteur a ouvert sa boîte à lettre et trouvé ces mots, épinglés par quelqu’un dont le travail est d’aller de vieux en vieillard, de maison en appartement, quelques heures de çi, de là, pour faire vivre ces intérieurs fatigués.

Elles ont la peau fine et tannée par le temps qui passe. Elles ont les yeux clairs et le cheveu gris, des histoires peuplées de fantômes qu’elles gardent au creux, encore vivants. Elles se souviennent avec parfois tant de détails que c’est un livre ouvert qui s’adresse aux présents.
Elles ouvrent la porte à leurs vestiges. Toute une vie à remplir une maison qu’il faut d’une main sûre faire reluire pour leur redonner l’éclat de leur premier printemps. Certaines ont lâché du lest et perdent de leurs exigences, les rendant plus tendre à notre présent dont l’enjeu leur échappe un peu voire totalement.
Leurs pas sont titubants, supportant les douleurs et les médicaments. Elles ne se battent plus et affrontent les épreuves sans tristesse, leurs époux partis, la perte d’un enfant, la maladie qui gagne leur mari recroquevillé dans un lit.
Elles ont le sourire et souvent de l’humour. C’est les yeux dans les yeux que de leurs voix qui perd de sa superbe elles vous disent qu’elles sont là, en sursis. Quand les jours sont plus graves elles vous demandent ce qu’elles font encore là. Je les regarde dans les yeux et pour détourner leur attention je leur dis simplement :
« pour que nous nous rencontrions. ».
Elles ont la peau fine, des habitudes bien ancrées, la tête qui perd le fil, les membres un peu démantelés. Sur les meubles quelque part la famille est bien alignée : des visages figés.
Le présent se mêle au passé, c’est ainsi que nos grands mères traversent les années.
Conf  Mdme

Une réponse à l’aide à domicile s’écrit aussi

  1. et si c'était nous... says:

    Un regard plein de tendresse sur ces âmes qui parfois te blessent mais jamais indifférente ne te laissent…

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