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Déloger le vide? Evidement !
Le vide est à la mode. Il remplit et déborde.
Les radios ont passé des semaines à supputer, prédire et « analyser » des histoires de remaniement, puis de candidatures, et là c’est la neige et le froid. On repeint un peu les journaux de bons sentiments sur les interventions spéciales « grand froid » et « sans abri ».
 Une femme prix Nobel sort un peu de son emprisonnement à domicile en Birmanie, un homme prix Nobel  également est emprisonné, le Niger explose, la Côte d’Ivoire est au bord de la guerre civile, le Rwanda va pas trop bien, les Irlandais ne veulent pas encore payer pour renflouer les banques et leurs investissements hasardeux etc…
Mais des heures entières sont consacrées à des débats de fond sur le bien fondé de l’arrêt d’un match de L1 de foot en France par l’arbitre à la mi-temps. Sans parler du débat de société autour de la préparation d’un mariage princier. Berlueconi le bouffon ne dépareille pas dans l’expression politique officielle. Il concentre à lui seul les tics et travers de générations entières de nos dirigeants. La question de fond de savoir si DKS va dire ou ne pas dire, avant Machin ou juste après Machine, ce qu’il compte faire en 2012 remplit des émissions entières.
Le vide s’insinue avec soin dans des débats surréalistes du genre « affrontement de deux journalistes » (de droite tous les deux en fait) sur une grande radio nationale pour savoir si Fillon 1 c’est comme Fillon 2.
 
Le sérieux auto-justifiant de ces bateleurs est à la dimension de ce vide intersidéral : infini. Ils manient une langue qui se veut passionnée, se font mille grâces et se disputent avec vigueur, histoire de faire oublier sans doute leur camp commun et l’inanité du fond de leur propos. Les acteurs sont talentueux et seraient presque crédibles. 
Mais la mémoire est un censeur redoutable : ce sont les mêmes qui se trompent à chaque échéance dans leur « analyse », les mêmes qui utilisent leur place pour faire acte de propagande pour le traité européen par exemple et qui sermonnent le peuple en expliquant que les gens ont voté comme des abrutis qui ne comprennent rien. Ben voyons ! Et bien sûr alors que les crises financières se succèdent, ils oublient toutes leurs arguties pro- constitution libre échangiste et libérale, refusée par les citoyens.
Le froid a succédé au foot qui a succédé au terrorisme international qui a succédé aux remaniements. Chaque semaine, un titre chasse l’autre. ce qui est bien avec le vide c’est qu’il est facile à remplir avec tout ce qui se présente. Seule règle impérative : ne jamais relier des évènements entre eux, ne jamais souligner le sens caché des évènements, ne jamais tenter d’amener à réfléchir le lecteur, l’auditeur qui bien entendu n’a pas envie qu’on l’ennuie avec des détails compliqués.
 Bien sûr. Pourtant, sur la question des retraites, entendre ou lire Bernard FRIOT et ses points de vue très argumentés et remplis de sens, avoir une information autre que factuelle sur la situation au Niger, la présence militaire française, l’enjeu de l’uranium et la place d’AREVA…, voilà bien des éléments qui sont quasi absents des grands médias. Et pas pour des raisons de complexité. Non. 
Il s’agit de maintenir l’équilibre du vide. Par exemple « fêter » la réouverture des Restos du Coeur sans faire le lien avec les sans papiers, les sans logis, la crise et la paupérisation de couches entières de la population. Exercice de style remarquablement mis en place par ces « videurs » que sont ces institutions et ces gens qui en profitent toujours plus de leur éloge militant du vide. Le mensonge actif, par omission et manipulation est devenu une constante et a cessé depuis bien longtemps d’être un pêché à confesser à un curé, membre d’une institution qui le pratique depuis des siècles.

le parle ment
le gouverne ment
le manifeste ment 
le journalistique ment
le correcte ment
le mentale ment   
évide ment

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