LE FABRICAUTEUR Ici habite un marchand d'histoires entre images et motsletratag86@gmail.com

Trop de personnels dans la Justice et la Police nationale ?

Y aurait-il un sureffectif dans la Police et dans la Justice à Poitiers ? Une actualité juridique sérieuse et de qualité dans la Vienne peut le laisser penser...

A Poitiers, un procès aura lieu bientôt. La Justice qui, de cette manière, concentre ses moyens sur la défense fondamentale de la Société, prouvera par là peut-être qu’il y a du temps à consacrer à d’aussi grosses affaires, temps de magistrat et temps de policiers. La RGPP (« Réorganisation des politiques publiques » visant à éliminer les « gaspillages » dans la fonction publique en général en la réorganisant en recadrant les priorités) va sans doute conclure à des sureffectifs dans ces deux corps au niveau de la Vienne. Quand on vous dit « qu’il faut recentrer la Police nationale et la justice sur leurs missions premières » Claude GUEANT

Pour les détails de cette « grosse affaire », voir entre autres sources : http://www.npa86.org/

A Poitiers le 21 juin 2011 (Fête de la Musique, la chorale fut bon enfant (chantant Hécatombe de Georges BRASSENS), mais des policiers ont lancé à fond les sirènes de plusieurs de leurs véhicules pour couvrir la chanson, recourant ainsi à un usage abusif de ces appareils réglementés. D’autres policiers ont filmé le subversif événement. Enfin, les policiers sont venus en nombre signifier à cette chorale que c’était une « provocation », qu’elle était « illégale » (le soir de la Fête de la musique…) et devait se disperser, sous peine d’« usage de la force ». Alors que la chorale s’éloignait, ses membres ont jeté des confettis vers ce commissariat si farceur avec la liberté d’expression. J.-C., 52 ans, a alors été brutalement attrapé par un policier qui l’a emmené au poste. Un rassemblement de soutien s’est vite constitué, et J.-C. a été libéré une heure et demie après, en ayant nié avoir commis le moindre « outrage » et après que les policiers lui ont signifié qu’il devait se tenir tranquille à l’avenir s’il voulait éviter des suites.Mais voilà, ce 27 janvier 2012, J.-C. était convoqué au commissariat. Les quatre personnes qui l’y ont accompagné ont été surprises de trouver devant un comité d’accueil de cinq policiers. Et plus encore surprises de voir J.-C. en ressortir dix minutes après avec à la main une convocation à un PROCÈS, prévu le 4 mai 2012 ! Les termes de la convocation explosent les dernières barrières du grotesque : J.-C. est en effet poursuivi pour avoir « outragé par parole, gestes, menaces, écrit non rendu public, image non rendue publique, envoi d’objet, de nature à porter atteinte à la dignité ou au respect dus à la fonction de Monsieur M. J.-C., commandant de police, personne dépositaire de l’autorité publique, dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions, en l’espèce en lui ayant projeté au visage une poignée de confettis ».

Plus sérieusement, il y a un problème de fond qui est qu’une dé-crédibilisation grave est à l’œuvre dans ce genre de situation. Il n’est pas bon que les institutions de l’Etat soient d’une certaine manière couverte de ridicule par leurs acteurs eux-mêmes. Ce n’est pas bon en soi, mais aussi pour tous les acteurs sociaux, des enseignants aux policiers de quartier, en passant par les agents sociaux en tous genre que l’image de ces institutions soit autant dénigrées, de facto. Il y a une responsabilité grave des responsables de ces structures. Prétendre à faire respecter mieux par les populations des valeurs communes à une société en se dévalorisant de la sorte est un pari très inquiétant.

Mais peut-être s’agit-il simplement d’une provocation, d’une tentation de déstabiliser une ville, une zone de vie ? Exactement ce qui animait semble-t-il les commandos qui firent parler d’eux dans le centre de Poitiers lors d’un festival des expressifs il y a deux ans. Troublante similitude qu’il est amusant de souligner. Non… ce serait amusant si au bout du compte les conséquences, au niveau de la jeunesse particulièrement, n’étaient pas d’accroitre, les réactions viscérales contre tout ce qui représente en principe un ordre social « rassurant ». Les réactions viscérales, ce n’est que rarement positif.

Ce n’est pas rassurant ces dérives qui se répètent, que ce soit à Poitiers ou ailleurs.

« A trop laisser la barque dériver on peut se cogner aux berges, voire disjoindre les planches de la coque et couler bêtement. » Fabricauteur anonyme du 16° siècle

Crédit image: (c) 2012 DRP,  fragment de tableau
Statue de la Liberté 5° salon des arts plastiques Mignaloux Beauvoir 2012

Laisser un commentaire

Archives