LE FABRICAUTEUR Ici habite un marchand d'histoires entre images et motsletratag86@gmail.com

aux confins des campagnes électorales

Obligé. Obligé, je suis votre obligé.

Le destin m’a promis et je retrouve enfin des rêves décorés devant moi à nos pieds.

Le temps et le destin occupent les discours, remplissent bien les vides et font croire à du lien entre des inconnus un peu sourds, un peu seuls. Chaque mot qui  m’émerveille s’envole d’un bruit sec vers la couverture froide et floue d’un après-midi d’hiver. Et les traces qu’ils y laissent en griffures écarlates finissent par rendre ce ciel présentable, entre les rages graphiques d’HARTUNG et des figures d’âmes emmêlées.

S’il vous reste du rêve ne le jetez pas mais laissez donc au frais ces lambeaux de réveils, ces réclames pour la virevolte et les entre-deux délicieux. Plus tard, ces petits paquets rassemblés feront saillir des flopées de mots sauterelles qui bondiront de partout au rythme de nos pas. Réclamez, râlez et criez fort, n’oubliez rien dans vos rages, et sortez les pinceaux, les mots et les écorces, les couteaux et les tubes, les fioles aux odeurs fines. Courons pour revenir vers des berges tranquilles, épaules d’herbes rases sur les flancs de Charente, au rythme des allées et retours mystères de cette eau qui change de cours toutes les six heures, à grand renforts de bouillons de vase beige. Il y a des volutes souples et fragiles, des reflets insaisissables, quelques canards dérangés par ce retour de l’eau et ces odeurs de mer. Elle est loin ou bien tout près, juste après ce méandre, derrière le filet qui grince en descendant du haut de son ponton.

Obligé ? Obligé d’écrire un peu. Je me suis imposé ce jeu, pas souci de salubrité, comme on fait un régime. Yasmina REZA. J’ai ce nom en tête. Une création au français je crois. J’ai lu ses textes, certains. J’ai le souvenir d’une belle écriture, d’une photo d’une belle femme brune. C’est tout. J’ai été déçu d’entendre son nom associé à la Comédie Française. Plat et formel, plat de côte, plat de nouille, plat sans saveur, plat sur la couture du pantalon. Les mots sournois m’ont connoté la pensée à son sujet. Exit Yasmina.

 

J’aimerais être un préféré. Ou peut-être même un élu. Une espèce de truc unique et présenté comme tel. Mais cette envie est ambiguë : je préfère avant tout être tranquille avec mes chats et mes histoires, mes bouts de bois tordus et l’odeur de la cire. Et puis cette concurrence dans la préférence…cela froisse le plaisir. Marchandage de maquignon que de choisir un élu, de se concentrer sur un préféré. Je suis au mieux dans une fonction de présence, envers et contre tout, utile ou pas, chéri parfois, ignoré aussi, proche et repoussé, au gré des périodes. Comme le mascaret qui revient et s’étale, sans s’occuper des recoins que son flot va remuer au fin creux des berges.

Les mots s’entassent comme des feuilles contre un grillage de jardin. Le vent les agite en vain : ils finissent par faire un manteau homogène sous lequel les hérissons vont creuser des nids douillets, au chaud de la fermentation des feuilles pourrissantes. C’est bien la preuve de l’utilité des mots s’ils peuvent aussi servir aux hérissons en campagne!

Non mais, hein, pas con !? qu’elle a dit la dinde !

Hérissons pièges à cons qu’elle a répliqué la pintade jalouse !

Car, mais c’est une autre affaire il faut savoir que la pintade a toujours crevé de jalousie envers la dinde !

En effet, lorsque Dieu créa les Deux Sèvres, il fut soudain déprimé et accusa la pintade d’avoir gâché sa journée en picorant dans la gâtine à tort et à travers. Pour la punir il créa une super pintade, la dinde !

Voilà la raison de cette jalousie qui parfois pose des problèmes et ternit un peu les dialogues que ces gallinacés échangent en commentant mon actualité déjà décousue.

Alors la pintade tu fermes ta gueule sinon j’achète deux boîtes de marrons et je te fais avec une petite farce oignons-lardons au marasquin ! Non mais, faut pas m’emmerder après tout. C’est tout de même moi qui tape ce clavier !

Je suis ton bémol, lui diras-tu, à décrire le menu de tout et de rien, sorte d’allumette qui éclaire un instant un trou de serrure vite oublié dans un juron.

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