LE FABRICAUTEUR Ici habite un marchand d'histoires entre images et mots0681571560
letratag86@gmail.com

La vie comment ça marche ?

Comment marche la vie ?

Elle coule d’un geste

Sur le trottoir luisant

Sans un mot de ces pluies

Qui graissent de vernis

Le goudron sale et noir.

Comme glisse le jour

Tu rallumes mes yeux

En couleurs, en musiques.

La ville au bord du soir

Murmure un peu de toi.

Se retrouver têtu

Au milieu d’une dune

Se rechercher perdu

En dessous de la lune

Déranger le vieux loir

Qu’un hibou flegmatique

Surveille d’un bec noir,

Perché sur le portique

Où rien ne plus balance :

C’est la fin des enfances.

Tu dors toute emballée

Au grand milieu du lit

En étoile établie

Douces comme les blés

Tes odeurs de vanille…

Chaque fois mère et fille

Echappée du sommeil

Dans nos pays rebelles

Tu blottis le soleil

Déroules les ficelles

De cerfs-volants voraces

Qui barbouillent le ciel

Aventuriers fugaces

Camouflant sous le miel

Une corde sans fin

Un boulet, un destin.

Comment marche le temps ?

Il rampe et fait le beau

Changeant cent fois de route

Etreignant, repoussant

Perdant toutes patiences

Oubliant de noter

Les richesses du monde

Et nous le contemplons comme un prince qui passe

Pourtant il n’y peut rien, emporté sur le flot

Fétu de paille sèche se croyant un épi.

Il n’aime pas les mots, les écrits et les traces

Le comptage des hommes, et le ventre des femmes

Ces marquages variés le laissent à sa place

De rythme sans  honneurs, de grain de sablier

D’auxiliaire banal des remonteurs d’horloges.

Il est trop pris le temps, oublions le bien vite

Ce concierge abattu qui tape à nos carreaux .

Regardons au plus fort le vol des oies sauvages

L’ourlet d’une fleur calme à son premier soleil

Les regards d’un enfant sur une coccinelle

Arpentant sa main calme comme un monde infini.

Laisser un commentaire

Archives