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Suspension d’un professeur de philosophie à Poitiers

« les mots sont-ils devenus fous ?

face à face le débat

le débat face à face

Un prof de philo est au centre d’une dénonciation de la part de parents d’élèves.

Un classique du genre!

Lorsque des parents, de certitudes créationnistes ou autre, remettent en cause violement les cours de biologie ou de SVT les instances académiques de toute la France font bloc pour soutenir les enseignants : on évoque la liberté d’enseigner, la vérité scientifique etc.

Lorsque des élèves enregistrent en douce un enseignant durant un cours non seulement la preuve est nulle et non avenue ne peut être utilisée comme élément valide mais de surcroit il s’agit là une infraction, d’un délit y compris puni par le Code pénal (Code Pénal art 226-1 et suivants).

Que font les instances académiques et du lycée : vite un conseil de discipline contre ces élèves…?! Exclusion temporaire ou définitive? Il y a débat. « L’autorité doit être restaurée ». La responsabilité des parents de mineurs est engagée. Irons nous vers une information préoccupante voire un signalement , une mesure éducative imposée par le Juge des Mineurs ? Ne nous laissons pas aller à des spéculations juridiques qui sont par ailleurs étayables en partie en cas de plainte déposée par cet enseignant…

Quand une accusation est portée, contre un agent de l’Etat ou autre, on agite en général la présomption d’innocence. En ce cas l’affaire est instruite après que la sanction fut déjà appliquée (on objectera « de manière à protéger les mineurs victimes » d’un si odieux personnage…) les journaux informés, l’affaire déjà « jugée ». Depuis quand un responsable d’académie est-il habilité à se prendre pour un magistrat ? Qu’en pensent les magistrats qui par le biais du Procureur entrent dans la danse et complètent la charge contre cet enseignant !

Lorsque, et c’est normal, un professionnel est concerné par une dénonciation y compris d’abus sexuels, et c’est fréquent dans le monde enseignant et de l’enfance ou de l’adolescence, il y a un temps d’évaluation de la situation de danger, éventuellement une mise en congé conservatoire de la personne incriminée, et ce en toute discrétion, pour éviter des suicides de personnels accusés à tort par des adolescents notamment « par des allégations mensongères « en jargon spécialisé. La responsabilité des dirigeants des structures concernées est à la fois de protéger les jeunes et aussi les personnes accusées. C’est normal.

Mais là les chiens sont lâchés, sans aucune mesure ni précaution, et en partie dans une illégalité manifeste en ce qui concerne les droits de la défense, les droits du salarié.

Je n’ai pas eu connaissance de poursuites ni de scandale majeur lors de la diffusion par les instances supérieures de l’éducation de notre région, il y a peu d’un guide pour dépister et reconnaitre les futurs terroristes bien sûr islamiques qui alliait bêtise, ridicule, racisme de base, islamophobie et j’en passe… Comment se fait-t-il que la Justice locale ne se soit pas saisie de cette affaire ?  C’était avant Charlie et les attentats antisémites. Peut-être une partie de l’explication ? Ou alors j’ai raté des éditoriaux des journaux locaux. En tous cas à la TV ils en ont parlé, sur TF1…

Les mots deviennent fous ! la mission du monde éducatif est de tenter d’apprendre le sens, les sens, du langage aux jeunes et dans ce cas nous sommes dans la démonstration détaillée à usage de la jeunesse qu’on peut dire, dénoncer , inventer, travestir, enregistrer partiellement et en toute illégalité quelqu’un et qu’en face l’institution sacrée de la République a du mal avec la distance, le respect de la loi, la restauration du vivre ensemble, du parler ensemble y compris différemment !

C’est terrible de constater cette dérive. Les mots tordus et tronqués, vidés comme des poissons morts, utilisés pour des raisons n’ayant rien à voir avec le respect des morts assassinés par des abrutis ayant un « pois chiche à la place du cerveau », des racailles fascistes reconverties en apparences, des petites frappes minables et dangereuses, à neutraliser.

Respectons la finesse des mots et leur sens, leurs sens dans la pensée au lieu de décréter qu’ils sont univoques et simplement utilitaires ! M. VALLS parle d’apartheid;…et les tenants du langage exact le reprennent. ils n’ont pas tort. C’est un mot provocant et assez faux en ce qui concerne la situation française mais cette provocation a permis beaucoup de discussions et de débats parfois vifs. C’est cela la démocratie

Quelle misère de voir et d’entendre ce qui se passe autour de cet enseignant de Philosophie, alors que l’on célèbre la libération du camp d’Auschwitz !

Les mots non dits, les mots simplifiées, les sens vidés la pensée obligée ont conduit au plus grand massacre de l’histoire et on peut sans ciller faire des procès en sorcellerie à un prof de philo qui a essayé de remuer les certitudes pour y introduire de la distanciation auprès de ses élèves ? C’est le contraire qu’il eût fallu faire et sanctionner ceux et celles qui n’ont rien dit se contentant de ramer dans le courant des discours télévisuels. Ceux là même qui s’indignent aujourd’hui relèvent-ils un sourcil, se manifestent-ils lorsqu’un leader d’extrême droite polit et balance sa haine antisémite en se jouant avec perversité du langage, sur toutes les chaînes de télé?

Une bonne idée à proposer à certains responsables et à certains parents : supprimons les cours de philo, d’histoire aussi, voire de SVT et de biologie (on ne sait jamais), interdisons les opinions contraires et surtout cessons de faire confiance aux enseignant-e-s en installant dans chaque pièce et aussi à la salle des profs des caméras de surveillance ! Cela créera des emplois dans les salles de visionnage. Un bureau de la dénonciation pourrait être installé dans chaque établissement, dans un local discret. Mais c’est juste une piste de réflexion….(pour rire jaune)

 

C’est triste et inquiétant de constater comme cette situation a pu advenir. Désormais chaque enseignant de Poitiers, chaque professionnel au contact avec des élèves est susceptible d’être désigné, dénoncé, fliqué et condamné en dehors de toute légalité républicaine, de toute raison pédagogique et de toute réflexion minimale sans être protégé par son institution. C’est grave.

Continuons de prendre nos jeunes pour des abrutis et ils risquent de le devenir, à notre image ?

Ce serait un sujet de philo intéressant, peu académique à Poitiers semblerait-il.

L’ordre règne ? Quelle illusion ! En tous cas la civilité, le dialogue, la démocratie par le débat et la controverse reculent à pas de géant! Attention à la chute. Il ne faudra pas avoir la larme à la cravate et organiser des colloques sur la violence, le dialogue intergénérationnel et le respect des institutions. Ce sera sans doute trop tard et les responsables sont déjà sur les rangs.

Tristesse et défaite du sens des mots ! »

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