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Expérience scientifique sur l’île d’Aix

 

Le compte des galets sur une plage n’est pas chose simple. Le classement des nuages non plus. Un vrai travail. La question est bien de savoir par quoi commencer. De plus, le vent et les marées compliquent tout, sans prévenir pour l’un, sur rendez-vous pour la mer. Les cailloux attendent la marée. Ils en profitent pour rouler un peu, changer de place et de voisinage, se camoufler dans le sable rapporté. Les nuages s’en moquent bien, prenant de haut ces histoires de terre et d’eau. Il s’agitent et se déforment en troupeaux parfois disciplinés, souvent erratiques, dispersés par les caprices de souffles fous. Sur la plage les cailloux ont leur ordre, leur place, en fonction de leur poids, de la vigueur des vagues, des saisons et des humeurs de la lune. Le haut de la grève se charge souvent d’une bande claire d’un gravier fin de coquilles et de pierres broyées, restes de montagnes immenses pulvérisées par le temps. Des larmes de granite, des étoiles de quartz, des débris de partout. La mer est repartie laissant les ventres ronds de ces galets dodus qui sèchent leurs auréoles de sel sous le ciel pâle. Pendant ce temps, les moutons ventrus qui se prélassaient au dessus de nos têtes sont devenus de grands rubans flous, des traces imprévues qui finiront dans les roses tièdes du coucher de soleil.

Au final, je conclurai que ces comptes sont impossibles mais que le mépris des nuages pour les galets des plages est manifeste, et réciproque.

Pour le secteur cailloux du CNRS* :

Onésime Machebois emballeur de nuages

 

* centre nuageux des rêveries soudaines

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