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Passent les nuages

On se sent léger lorsque le temps lourd laisse place à du beau temps. On regarde avec curiosité ces lourds nuages d’orage qui flottent, immatériels jusqu’au déluge au dessus de nos têtes. Lourd, léger, l’arc en ciel ne pèse pas lourd et supporte une voute incertaine et volatil. Les lumières changent comme sur un plateau de théâtre et notre regard finit par se détourner, comme de nombre merveilles, au bout d’un quart d’heure lasse. On se sentait léger le regard accroché errant de nuages en arc de couleurs fines et la lourdeur nous accapare. Nous partons ailleurs.
Qu’en est-il de nos certitudes et de nos projets ? Auront-ils le sort de ces légèretés aériennes ?
Lorsqu’on regarde les informations télévisées, la lourdeur des sujets annoncés constraste aussi avec la légèreté, l’évaporation, la dissolution dans le silence et l’oubli des jours suivants…
Lourd, léger, important, futile, évènement majeur, provisoire, le poids des mots, l’amnésie des photos, tous ces nuages flottent autour de nous sans que nous puissions en apprécier le poids réel, trop souvent.

NB : quelles lourdeurs et drames se cachent derrière cette image anodine ? Un orage de grêle risquait de s’abattre sur le vignoble de Haut-Brion  à Bordeaux et de créer une catastrophe industrielle, commerciale et humaine. Pourtant l’arc en ciel est paisible… La grêle est tombée, mais plus loin. Cela étant vu le prix de la bouteille peu de gens eurent été touchés par les conséquences d’une destruction des pousses et fleurs de vigne ce jour là…
Comme quoi la légèreté, la gravité et la lourdeur sont affaire de position, de contexte, de posture.

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