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Une approche de la mort et de l’été

Comme un petit oiseau trempé, mouillé par l’orage et dont le plumage ne sert plus à rien, elle regarde d’un air doux le vide qui l’emplit, l’entoure et la sidère. Rien ne peut animer cet air douloureux sur ce corps vieux d’enfant que cent douleurs entourent et tordent. Elle n’a que cette voix fluette et lasse, traversée parfois d’indignations, ce réveil de la colère que la fatigue éteint rapidement.

la mer avec Elle, au bout de nos routes

Bon, certes ce n’est pas très gai alors qu’enfin l’été se sent bien par chez moi. La chaleur le soir étreint les corps et caresse la peau, mélangeant les parfums et les odeurs de feu.

Rien ne semble plus presser et le ciel lui-même prend son temps à s’éteindre dans un crépuscule lent et tranquille, le plus long de l’année.

Elle sait forcément que le temps des attentes est forclos et qu’il s’agit bien de profiter à pleins poumons de ces instants si tièdes et délicats qu’ils semblent écrits à coup de pétales et de brins d’avoine. Le vent se tait, les yeux se brillent aux lanternes, ta main aurait moins froid dans la mienne et la mienne rugirait de plaisir à te sentir. Ce que se disent les amants, ce qu’ils ne se disent pas ou plus.

Tu sais que je me le dis toujours, pas plus loin que le bout de ma main, là où mon bra se fait fleur de doigts

Elle est entre l’enfance et l’avenir, retenue par quelques pinces au fil fragile qui la retient, juste au dessus des gouffres qu’elle appelle et repousse, sans cesse, dans un jeu de balancier qui va de la vie toute puissante à la mort bien trop grande. Elle a tellement faim de ces approches risquées qu’elle ne peut plus contrôler ses membres qui se dérobent et cette douleur, partout qui la réveille et la monopolise.

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