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J’ai reçu un beau texte

La plume est dure, la craie est redevenue falaise et l’oiseau surgit, agressif et lucide; belle envolée sur la vieillesse et les vieux en général, sur nous tous. Texte arrivé par hasard complet le jour où je suis confronté à l’isolement d’une personne très âgée en difficulté…

Entassons nos furies pour barrer la route aux silences!

« Moi je trouve que c’est dégueulasse de laisser un vieux tout seul dans sa baraque à attendre.

T’imagines, ça, attendre ?

Pour soi on est content, on voit son vieux une fois par-ci, une fois par-là pour se faire plaisir, pas vrai ?

Qu’est-ce que ça leur coûte de le sortir de ses paysages ? C’est quoi, ça, d’attendre, ça rime à rien. Le vieux est déjà mort quand il attend.

Attendre, ils s’en servent pour s’habituer à quand le vieux sera plus là. Et surtout faut pas qu’il dépense de trop, de peur qu’il bouffe l’héritage. Mais qu’est-ce qu’on en a à foutre qu’il crève dans son fauteuil ou en essayant de conduire parce qu’il a oublié qu’il ne savait plus conduire ? Est-ce qu’il vaut mieux mourir assis ou debout ?

Qu’est-ce que ça veut dire de s’occuper de son vieux en lui faisant ses courses et en l’invitant à des événements de la vie des autres qui est encore à faire, anniversaires et mariages et baptêmes ? Mes parents se sont occupé de moi comme ça, et ils ont très mal fait. On revient à la satisfaction des besoins élémentaires, ceux qui permettent de survivre, pas de vivre au sens le plus complet du terme, avec ses beautés et ses aspirations, ses inspirations et ses vents à couper le souffle.

Tous ces enfoirés qui s’entassent dans leur vie de merde pour combler ce vide de l’existence quand il n’y a plus personne, plus de sens, plus de lien. L’habitude du quotidien et l’imagination rétrécie.
La plume est dure, la craie est redevenue falaise et l’oiseau surgit, agressif et lucide; bell envolée sur la vieillesse et les vieux en général, sur nous tous.
Tous ces faux-semblants et ces faux jetons, ces faux-culs et ces faux lurons, la vie ce n’est pas des fêtes mises bout à bout pour se dire qu’on a bien vécu, ce n’est pas se rappeler, se constituer ses plus beaux jours de sa vie pour se dire qu’on part heureux quand c’est fini. Ce ne sont pas les liens que l’on provoque pour les provoquer, les moments partagés pour les partager, c’est beaucoup plus grand que ça, c’est tout ce qui n’est pas prévu. La vie est dans l’inattendu. » Julie

 

 

Une réponse à J’ai reçu un beau texte

  1. Joli Bolet says:

    Et Dieu sait qu’écrire avec une falaise, c’est compliqué.

    Déjà parce qu’il faudrait un support d’un très grand format, style la Terre.

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