LE FABRICAUTEUR Ici habite un marchand d'histoires entre images et mots0681571560
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Un peu de douleur dans un monde de brutes

Syrie, Méditerranée, etc.

L’ignoble s’est rapproché d’un coup de nous. Il était pourtant tout près mais sans lunettes on n’y voyait rien. Jusqu’à présent virtuelles les guerres menées par l’occident ont fait irruption sous la gâchette de salopards abrutis, moitié religieux défoncés, moitié petites frappes en mal de virilité et de puissance, des revanchards de la misère.

Depuis plusieurs dizaines d’années nous avons laissé faire  …nos gouvernants. Nous les avons laissé mentir et inventer, manipuler toutes les informations et organiser « au loin » « pour la cause de la Liberté » des massacres et des flots de misère. « On  a libéré » ainsi des peuples opprimés en les massacrant à coup de bombes et de roquettes et en les laissant ensuite crever de faim et à la merci des féodaux du coin.

La bêtise doublée de saloperie, dans toute sa splendeur ! Bush Poutine Cameron, Hollande on tricoté de l’imposture, du mensonge et du sang répandu pour des millions de gens.

Un attentat survient, un de plus et l’absurde fait mal encore plus que « d’habitude » si on a de la mémoire, ou si l’on s’intéresse à en avoir un peu :  qui se soucie des ordures de gauche et/ou de droite reprochant au final au « gens de Charlie » d’être allés trop loin et d’avoir sans doute une part de responsabilité dans les attentats de janvier 2015 à Charlie !!?

Là ce dernier mois de novembre les fumiers ont tiré dans le tas, tuant des vieux des jeunes sans savoir qui ils étaient. Ces beaux acrobates de rhétoriques de plateaux télé n’ont rien dit cette fois !

La gomme à raison, la machine à vider les têtes et à les remplir d’images et de représentations truquées et vicieuses sont des machines en marche. Le spectacle habituel est là, devenu banal, avec des chaînes en continu et des experts qui répètent à l’envi des âneries, voire les inventent. Pathos à la une, en direct du massacre.

Faut qu’ça saigne !

Saloperie de société qui se vautre dans sa fange.

Au final rien ne fonctionne trop bien, et surtout pas contre des fous furieux qui n’ont rien à faire des sentences d’anciens colonisateurs maîtres du monde. Il font de communication en étalant leurs propres tripes au nom d’un Dieu X ou Y.

L’occident a le cholestérol de sa suffisance, la réaction, le libéralisme amènent sûrement des millions de gens vers la catastrophe. Mais qu’importe puisque le CAC 40 est en progrès, le Brent se tient et la bourse ne s’agite pas trop. Tout va bien pour les élections et chacun joue en postures et en faux semblant comme des rombières et des vieux beaux au bal des débutantes dans un film italien…

Encore un défilé de faux culs qui passe et pendant ce temps-là les kurdes se battent, les femmes en première ligne, et nous tordons le bec pour les aider contre Daesh…. Quant au boucher de Damas il devient fréquentable ! Merci au réalisme en costard trois pièces de nos édiles et élites bien policées.

‘oreille éteinte par des vacarmes mous, ces redites sans fin de mots qui se chevauchent. La radio les médias tricotent des écharpes sans fin qui ne tiennent pas chaud. Juste un vide béant des sens qui se défilent, phrases décolorées par des lavages excessifs. Les oreilles s’évitent ce bavardage inepte. Plus rien ne peut se rire, le vent laisse l’air doux sans odeurs et sans goûts.

À grand coups de trop plein on peut combler ses gouffres, laisser des larmes d’eau égaliser les bosses, organiser sans peine un désert bien brillant. L’angoisse se répand avec la beauté froide d’un ennui impassible qui recouvre les rêves ?

Je ne sais pas rêver m’a lancé un enfant désireux d’un mot clé qui ouvrirait d’un trait une session de jeu, un niveau à l’écran. Marée basse, mascaret attendu : mais combien la connaissent cette vague sans fin qui remonte le fleuve de l’océan aux ponts, jusqu’au milieu des champs

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Des lames d’eau coupent l’air gris en tranches fines qui font pleurer. Des jours entiers encore à souffrir, appeler pour crier, alors que la surdité du monde est presque totale, réclamer les disparus. La douleur ravive mélange et pétrit souvenirs et images, exhume regrets et remords dans des plaintes murmurées, pleurées. Ma mère est là qui souffle toute grise, réclamant tout et rien, la mort comme la vie, la paix en tous cas. Une paix. Et je ne sers à rien attentif et muet, comme une berge qui s’effrite sous le courant de la crue. Plus loin il y a mes morceaux qui flottent dans le calme d’un bras mort repeint de lentilles d’eau à peine dérangées.

Et pourtant à chaque fois je me reforme, étonné d’être aussi tenace, depuis des années. Le vent se calme un peu et les pensées reviennent, avec leur scènes, leurs projets, du côté du vivant.

Dans les yeux de ma mère il y a souvent du désert et les tartares ne viendront pas. Elle le sait.

J’ai des envies perdues depuis longtemps, de fragments de tableaux, des reflets d’odeurs fines, des mélodies très fortes qui agitent le corps. Elle n’en sont jamais loin, juste dessous la croûte. Les savoir proches me fait du bien. Elles attendent leur tour. Il viendra lui.

Je repense souvent à ces années immenses, à ces énergies folles qui semblaient infinies, à ces mains mélangées, par poignées, à ces chants, ces rires, ces amours, ces récits de vies folles.

Je pense à ces matins, à ces aubes bien tièdes, et nos corps enlacés comme des brins de laine. Je pense à ces nuits frêles à refaire le monde, à bouillir d’impatiences, à tolérer la vie. Et puis, souvent, je ne pense à rien. Je m’accorde des pauses aux vents de l’océan, cessant parfois d’un coup de remuer l’air doux, laissant aux branches, aux herbes, le calme pour pousser, s’étirer et sentir les étés qui s’annoncent.

Océan. Là-bas à droite derrière la pluie d’un presque hiver. Les vagues abondent d’écume virevoltante l’immense plage sans couleur sous le ciel gris et le soir proche.

Vagabondes, elles ne s’attachent à rien. Rapportant sans cesse du sable et des cadavres, des restes de bateaux, de poubelles variées et internationales.

Des vagabonds j’en ai croisés. Rêve même d’en être un. Parfois. Pour sentir sur ma peau la patience absolue d’une vie sans délais. Mais l’illusoire luit dans ces regards fiévreux. Toujours se méfier de la fièvre, en toutes choses. L’utiliser pour vibrer, peindre, créer et chanter sans la confondre avec la vie. Elle est juste une piqûre, parfois favorable, qui décolle l’ennui et la paresse des conforts.

Matin .

C’est l’heure du mauve. La lumière qui dévore toutes les couleurs, le soir vers l’ouest, au large. Elle trouble les distances et les plans, les reliefs de paysage. Je pose mes yeux endormis sur la campagne qui file devant le train dans un galop tranquille.

Les troncs d’automne sont noirs de pluie et la terre violine. Rouges et jaunes ont disparu sans un bruit. C’est l’hiver des couleurs  parties ailleurs, comme les cigognes.

Journée ailleurs.

Je. Enfin je crois.

Je luis dis…

Les velours de ta peau

les douceurs de ta bouche

La nuit peut bien tomber

Car le matin c’est toi.

Je lui répète..

La peau de tes velours,

Ta bouche et ses douceurs

Et tombe bien la nuit

Car c’est toi le matin

 

Je lui redis enfin..

La peau de tes matins

Les velours de ta bouche

La nuit tombe en douceur

Car c’est toi qui répète

Tout ce que j’ai perdu.

 

 

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