LE FABRICAUTEUR Ici habite un marchand d'histoires entre images et mots

Pointure et obsessions : clinique poétique et …

mesures du vide évaluations bornes et calculs

 

Ce texte ridicule et incorrect du point de vue du DSM5 a été retrouvé lors d’un déménagement, plié en soixante six pour caler un pied d’armoire que des vers avait rogné au risque de faire basculer l’ensemble. L’article indigeste fut préservé car les vers xylophages ne sont pas idiots et se méfient de l’inconscient des hommes et de ses expressions meurtrières voire insecticides

« Contribution à une approche poétique et littéraire de cette dimension psychopathologique . Pointures de destin
Coiffé de fleurs, il s’égosillait souvent, essayant sans arrêt, dès le matin, de mesurer tout.
Le sol est à combien de pieds des nuages ? Ma douce est elle à cent ou mille kilomètres ? Mon sexe à un mètre de mon nez ou peut-être à quatre vingt centimètres…
Il rêvait sans cesse ni raison un monde où la mesure réglerait toutes choses. Avant d’acheter un journal, il dépliait un mètre de bois jaune et vérifiait les mensurations du quotidien. Même chose pour les légumes chez l’épicière. La variation du diamètre des camemberts l’angoissait fortement. mais la parade existait : il avait répertorié les standards possibles dans un minuscule carnet qui ne le quittait pas.
Sur la couverture, en 2cm sur 4,5 : POINTURES.
Les arbres du cours Clemenceau faisaient entre dix et douze mètres. Parfois, une taille inégale et excessive brouillait cette homogénéité municipale. Il avait bien protesté auprès de l’adjoint chargé des espaces verts mais en vain. Au café, on s’était habitué. Tremper un mètre de maçon dans son demi de bière, noter la hauteur moyenne de la mousse et du liquide… après trois gorgées à quelle hauteur descendra le liquide…?
Après trois gorgées à quelle hauteur va descendre le liquide dans mon verre? Combien de fois mes suis-je dit que je ne mesurais que l’écume des choses, sans parvenir à évaluer au fond la taille du monde.
Siew a deux yeux, distance maximale huit centimètres. Elle a deux seins aussi. J’hésite un peu à l’entraîner dans mes mesures car sa protestation n’est jamais loin. Elle préfère d’autres approches que centimétriques. Avec elle le compte est simple : un plus un. C’est bon et invariable. Pourtant, en douce, je mesure le temps, les effets, nos caresses. Et je m’en veux, environ douze minutes, avant de m’endormir contre elle. Un ou deux sucres me demande-t-elle toujours les matins que nous vivons ensemble. Les autres jours je ne prends pas de sucre. Le médecin m’a rassuré. Je ne suis pas diabétique, juste affecté par une manie, un tic tac toc à la mode. Et ce compte d’être à la mode.
Il a joué longtemps dans la mesure et même commandé à sa taille un cercueil de bois clair. Sa prévoyance n’a pas servi. Son bateau a été retrouvé vide et intact.
La tentation de mesurer la crête des vagues, d’arpenter le fond de l’océan a-t-elle fini par répondre malgré lui a ses questions démesurées.

Il y avait
ici et là
un vent de terre
un air de rien.
Il avait cru,
bailleur de vie,
chiffrer les brisants
jauger le grand golfe,
compter l’air bleu
chercher les dieux.
Les T.O.C sont du psy-toc.  Et tac !
Mille excuses à Tic et Tac ! Et aux horloges et pendules. »

note de l’éditeur : Le Fabricauteur tente de faire avancer, en général, science et conscience mais se vautre là dans un compromis lamentable, qu’il m’a imposé par la violence, me menaçant de devoir écouter, ligoté sur une chaise, tous les disques de Rika ZARAÏ. J’ai cédé. Je m’en veux malgré tout.

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