LE FABRICAUTEUR Ici habite un marchand d'histoires entre images et mots

Visions et questions du corps

ou « le cul entre trois chaises »

Celui qui souffre parfois, qui gène et limite, qui ravive les brûlures délicieuses des passés. Celui qui surprend et semble avoir une vie autonome et irrespectueuse, sans contrôle ni avis préalable. Aujourd’hui j’aurai mal là et puis c’est tout. Les stratégies diverses ne font pas grand chose et ce salopard tend à trouver des parades aux mouvements et aux molécules.

Je médite ? mais je m’emmerde et si je m’emmerde trop j’ai le dos qui se durcit et me bloque un peu.

Je m’agite et la sanction vient vite, dès que je suis couché, comme un cadavre à la consigne de la morgue. Juste un peu plus chaud par chance. Les gestes mille fois répétés et acquis parfois se dérobent et je le sens se marrer en douce le sagouin !

J’opte pour l’enfouissement dans un livre. C’est très puissant mais le bouquin fermé je suis comme un bateau pris dans la banquise, aussi souple qu’un parpaing.

Et puis parfois, je n’ai pas quoique ce soit qui cloche. Et là faut-il s’inquiéter de ce que mon corps mijote ? Je me passe de cette angoisse fatigante et stérile.

Parfois j’aime ma peau, et la forme d’un muscle, un mouvement de mes mains sur un objet, sur un papier, un outil, une toile, une pièce de bois. Je refais presque à vide le geste juste pour le plaisir. Un espèce de caresse très contrôlée surgie de loin et pas uniquement de ma mémoire. De mon histoire aussi.

Corps et caresses, touches, contacts, mains, peaux, bouches, ongles et cheveux, me semble être des associations pertinentes. De même l’image du corps, le rapport au monde alentours, au temps qui repasse et se dandine dans nos souvenirs et nos projets. Mais aussi le langage, avec ses combinaisons de mots et de chants, sa capacité de toucher au dedans sons forcément blesser, ses capacités d’infraction et les risques d’effractions auquel il soumet le corps, les corps et leurs images.

Mon corps de planche vieillit et prend des teintes, des aspects qui me racontent aussi ma vie et qui me font souvent sourire. La nostalgie n’est pas mon point de référence pour quoique ce soit ; j’ai quelques blessures bien nettes, des merveilles plein le grenier, des mille et des cents à revoir, à plier, à défroisser, à retracer d’une main plus ferme, avec des encres diverses. J’ai au creux du corps des vies multiples, dont je sais le bouillonnement et la diversité, ainsi que la vanité. Je ne ferai pas tout de ce que j’escompte. Tant pis tant mieux, cela me laisse le choix des hasards.

Je ne sais pas quelles sont ses questions et les réponses je m’en fous un peu. Il flanchera c’est sûr et moi avec. Nous sommes assez indissociables, quoiqu’en conflits fréquents.

Le vent me fait sentir la mer sans la toucher, le sel vole dans mes narines avec l’air qui agite la falaise, ce vent que mon corps ressent change les goûts, les odeurs, les sensations de la peau, le bruit dans les environs. Le vent et le corps se rencontrent, l’un caresse l’autre qui le lui rend bien en se soumettant à ses rafales ou à ses accalmies, comme les oiseaux qui nichent à flanc batifolent dans les bourrasques.

Corps et caresses, c’est bien la meilleure association. Vient juste après corps et regard qui peut être caresse et recréation du corps regardé, vu, évoqué. Et je ne parle pas de la voix, du chant, de la déclamation du corps sur l’instrument, ce serait trop long.

Le corps à corps des amants, des soldats, des religieux de toutes obédiences,des négociateurs, des sportifs, mélangent et ternissent ce mot si fort et permanent dans nos vies.

Enfant je trouvais assez répugnant de voir à la croisée des chemins de ma campagne la représentation parfois très réaliste du cadavre d’un type cloué sur une croix. Et je trouvais sidérant le discours que certains adultes me servaient sur la démonstration d’amour sacrificiel qu’il signifiait selon eux. Un espoir de vie, des projets, des progrès éventuels accompagnés de cette figure de souffrance sanguinolente et presque nue. On montrait un corps de jeune homme torturé et achevé à la lance comme signe rédempteur et joyeux. Nom de dieu on se marre, tout va bien ! Nourrisson potelé dans sa paille puis trois mois après cadavre blême sur une croix.

On passait le corps à toutes les sauces, avec en prime, dès que j’ai pu mieux entendre et comprendre, une fille mère d’un père de passage bien mystérieux, accompagnée d’un charpentier sympa mais cocu et content de l’être !

C’est assez vite que j’ai senti qu’il y avait une arnaque dans les certitudes du curé et des dames du catéchisme ! Restait l’image du corps, celle notamment de la fille au premier rang durant les offices et qui venait uniquement lorsque j’étais « de service »…enfant de chœur, motivé par sa présence, par le fait de lire des textes divers avec ma voix assurée, de lui lire en la regardant. Et puis pour jouer le dimanche et être sur la feuille de match, il fallait être enfant de chœur.

Alors comme c’était rémunéré par les mariages baptêmes et enterrements en enveloppes diverses, je fis quelque temps dans le mysticisme intense.

Pouvoir charmer cette jeune Alice dans un lieu sanctifié (par les curetons), jouir un peu de ce forfait délicieux tout en me faisant de l’argent de poche ! Qui aurait résisté à cette tentation ? Pas moi en tous cas !

Je m’en confesse sans aucun souci d’absolution, prêt à recommencer, à corps perdu !

Pour la pénitence, allons voir du côté des prêtres pédophiles lyonnais, entre autres, qui eux ont des problèmes définitifs de corps et de pénitence !

 

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