LE FABRICAUTEUR Ici habite un marchand d'histoires entre images et mots

VRAC DE REVES

Vrac de rêves

Mon temps s’était décalé.

L’été  soit disant infini laissait place à des choses plus sérieuses.

Je m’adresse à un inconnu familier, le rêve est flou.


arbre joconde

 

 

L’automne commence à entourer mes épaules. Bientôt, un jour, jamais, tu partiras, moi aussi sans doute. Encore que cela reste à prouver. Rien ne filtre d’ailleurs, le vent reste égal sur l’estuaire et le gris d’octobre ne peut plus rien pour moi. Je ne demande pas grand chose, juste avoir au bout de mes doigts la tiédeur de ta peau, l’odeur de tes mots, le ventre du soleil. Pas grand chose en fait. Je voudrais juste tout. Rien de plus.

Je ne veux pas poser de plaque et savoir ce qui m’appartient, ni laisser sur les troncs des platanes des blessures blanches à la pointe d’un canif. J’ai le refus des frontières tatoué sur ma rétine, le nez sans cesse au vent pour mieux écouter ce qui passe et repasse. Quand le destin te mène ici ou qu’un oubli te tient la main, tes mots remplissent l’air bien mieux que les claquements d’un drapeau.

La voix d’une femme soulève la poussière de la route que l’averse avait collée temporairement. Elle vrille et rebondit, entoure chaque caillou, enrubanne les doigts, les membres du promeneur qui traverse le paysage, sans se méfier. J’avance doucement entre les ombres et la buée qui montent au gré de sa voix. Le temps se maintient en équilibre, dans une retenue subtile qui bloque en vol les oies sauvages et les grandes grues, laisse les sorbiers couchés par une récente rafale. La voix reste aussi à la dernière note de sa musique errante. Je regarde par terre et mes pieds aussi se sont immobilisés, tendus vers l’ouest dans un effort bloqué net.

Ma mémoire s’engrosse de ces rêves et contemple le jour jusqu’aux tréfonds glacés ou bouillants de laves, bouscule les alignements de meubles et de maisons, les mots aux garde à vous qui défilent chaque matin dans des chroniques déjà dites, cent fois, par des amnésiques qui se veulent découvreur et qui ne sont que des veilleurs de poubelles mal lavées.

Elle me dit encore autre chose dans ces rêves de marchands de fleurs, et d’objets bizarres. Elle me dit , elle me parle et me touche, avec ce petit sourire qui ajoute un charme dissymétrique à son visage. Je l’abandonne au petit jour, embrumé de sommeil et riant sous cape comme spectateur d’une farce ordinaire mais délicieuse.

Nous sommes deux drôles…aux larges épaules…de joyeux bandits, sachant rire et croire, mangeant comme quatre, buvant comme dix…La belle Colette est aller chanter ses blues ailleurs. Reste son rire et ses silences, ses exagérations et des regards malicieux ou terribles et je revi°°°°°

fin du rêve en plein couplet, au milieu d’un mot incertain et grand ouvert !

 


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