LE FABRICAUTEUR Ici habite un marchand d'histoires entre images et mots

Le nez en l’air …

Tête en l'airOn flotte parfois, arrimé au fond rocheux sans le savoir et l’envie de bailler aux corneilles peut nous prendre. Une rêvasserie douce et confortable bercée par le clapotis. Le badaud baguenaude alors les mains dans le dos parfois, comme pour empêcher les bras de se balancer à leur rythme. Les surprises sont rares, on n’en a pas toujours envie, au calme dans son allure paisible et fermée au monde, sorte de vigie inerte vivant avec délice sa position de meuble au milieu de la foule et des regards.

Vous m’avez reconnu. J’étais tranquille dans le port de Barcelone pas loin du quai flottant avec ses cohortes de touristes harnachés de téléphones photographiques, les pieds au frais, bercé par les vagues minuscules  du matin.

Les ennuis ont commencé lorsque cette mouette a envisagé de se poser sur ma tête, de faire semblant de le faire, comptant décorer mon crâne de guano acide et gluant. Nous avons je le reconnais eu des mots et la négociation fut dure mais correcte. Je lui ai confirmé que je n’avais jamais mangé de mouette mais que si nécessaire je ferais une entorse à mon régime. Elle convint que son plaisir était de lâcher ses bombes gluantes sur des beaux vêtements ou des chevelures épaisses.

J’ai vite compris l’allusion à ma tenue et ma chevelure très théorique mais je ne me suis pas vexé, lui recommandant juste d’essayer de viser un garde civil ou un mossos, leurs casquettes se prêtant bien à des lâchers en piquée, organisable à plusieurs.

Ce qui fut proposé fut mis en application… et l’état major publia vite un communiqué écrit en mouette, pour rappeler l’interdiction de déféquer intentionnellement sur les casquettes des flics.

J’ai quant à moi pu continuer ma sieste debout sans problèmes ! qui incriminerait un promeneur solitaire et si paisible,  le nez en l’air qui plus est ?

et dans la brume au loin des restes de navire découpaient des voyages, des histoires tordues et des cris de marins. Je fermais bien les yeux pour sentir les odeurs, de cet acier rouillé et du vent qui l’envaporise de musiques et de témoins perdus.

 

Merci à Jacques Higelin…et aux mouettes bien élevées, quoique un peu taquines!

 

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