LE FABRICAUTEUR Ici habite un marchand d'histoires entre images et mots

signé Lémurienne

Le soleil découpe des ombres. Le mur de l’immeuble en face voit des personnages se modifier, ici un nez sur un profil sombre,là des détails infimes projetés sur les murs, petits grignotages que le flot de lumière grave sur les pans de murs, durant quelques minutes. On peut imaginer le vent. Les longues tiges des trémières balancent leurs tetes couronnées de fleurs rouge sans, rose vieilli, parfois blanches.

Rien ne va bouger dans le quartier, la chaleur bloque tout le monde.

penseur du banc

Au loin le bruit des vagues qui cogne avec retenue et régularité les petits falaises des la crique proche. Sans passion mais avec une régularité qui fait sonner des sons graves dans les creux des grottes creusées par des siècles de vagues,épuisant le rocher de coups. Il finit par rompre et se fissurer, comme ces énormes troncs que le fleuve déglutit à chaque marée montante, les jours de gros coefficients de marée. Le pin parasol antique de la voisine distille sa térébenthine mélangée à l’odeur tenace d’une haie de jasmin.

Rien ne se passe,tout est éteint par ce soleil massif qui fatigue le quartier, les plages désertées, les rues pavées de commerces tendant leur balivernes au chalands plus avides que connaisseurs.

Je pense un peu à tout ce que j’ai à écrier, à ce histoires à finir, à reprendre pour les relier et les faire avancer, comme des chariots sans roues parfois encore.

Travail énorme que j’ai laissé de côté depuis des années. Une paresse féconde car je redécouvre des essais et de textes en partie nuls qu’il faut bien modifier. Sinon ils prendront l’eau, la mémoire et le petit intérêt qu’ils avaient peur être se diluera dans une masse de feuillets sauvages et mal peignés. Écrire hirsute est pourtant la meilleure des choses. Mais souvent il est indispensable de remettre en ordre des images, des textes, de les polir pour qu’ils puissent s’insérer dans les encoches prévues à cet effet.

Écrire mal rasé, la tignasse en bataille, comme pour marquer au corps à corps d’une réalité virulente et forte, qui vit seule et sans appui prétexte, évoluant sans cesse comme ce profil de soldat spartiate qui se refait sans cesse sur le mur d’en face. L’angle de son nez a changé en vingt minutes. Il parait plus sérieux

Mais je ne le regarde plus.

Une lettre a retourner . Signée Lémurienne. C’est important de répondre aux lettres de ce type.

 

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